Les résultats des dernières élections fédérales sont consternants pour toutes les personne de gauche. Les racistes et les casseurs du social ont le vent en poupe. Mais l’environnement aussi a subi un revers cuisant.

L’UDC est en effet le seul parti suisse à “continuer à minimiser ouvertement les risques climatiques et environnementaux” et la quasi totalité de ces élus “reçoit un zéro pointé” en ce qui concerne les votes en faveur de l’environnement. (Source : Adèle Thorens, Le Tromblon,  no 3, sept 07).

Dans ce contexte, le fait qu’Ecologie libérale appelle à voter….l’ UDC Guy Parmelin au 2ème tour est dès plus paradoxal.

Ce monsieur dit vouloir se battre :

  • pour un approvisionnement énergétique et électrique indigène suffisant et d’un coût supportable pour nos concitoyens et nos entreprises


En clair, il est pour la construction de nouvelles centrales nucléaires. Le 3 septembre dernier, j’ai assisté à un débat sur l’environnement à la radio suisse romande. Il était très peu crédible et s’est fait un peu bousculé par les autres candidats présents. Notamment par Pierre Vanek, qui lui a fait remarqué que l’uranium n’est pas une production indigène. Question indépendance énergétique, c’est pas top…


  • pour un développement du réseau routier et autoroutier afin de ne pas pénaliser les régions périphériques

Avec un argument curieux :

La distance qui sépare les habitants des campagnes du prochain magasin d’alimentation ou du prochain cabinet médical est jusqu’à 5 fois plus longue que celle que doivent effectuer les citadins.

Si les habitants des campagnes ne doivent pas parcourir une plus grande distance que les citadins pour aller chez le médecin, alors il ne reste plus qu’à transformer la campagne…en ville !

  • contre la taxe CO2 sur l’essence (env. 50ct /litre) qui pénaliserait les régions excentrées et de nombreuses PME
Et pourtant, le site de de la Fondation centime climatique explique sur la première page de son site qu’elle émane d’une initiative volontaire des milieux économiques suisses pour une protection efficace du climat. “Les milieux économiques suisses”, pas vraiment des doux rêveurs donc ! M. Parmelin se refuse ainsi à tout compromis en faveur de l’environnement, même ceux qui sont soutenus par des milieux profondément conservateurs. Dans le domaine de l’environnement, L’UDC se révèle tout aussi extrême que pour le reste. Tirons-en les conséquences au 2ème tour.

Source de l’ensemble des citations en italique ci-dessus : site de Guy Parmelin, rubrique : mes positions (il faut descendre pas mal dans la page web avant de trouver ses positions sur l’environnement ).

A en croire les verts vaudois, voter pour eux équivaut à “prendre parti pour le climat”.

(image extraite de leur tract pour les élections fédérales d’octobres 2007)

S’il est permis d’en douter, c’est que ce parti soutient également mordicus le DEVELOPPEMENT DURABLE:

“Depuis plus de trente ans, nous défendons une politique crédible de développement durable.” (source : ibidem).

Il s’ensuit que :

Pour les verts, les bons projets se situent au lieu de
convergence des avantages sociaux, environnementaux
et économiques.”


Cette conviction est illustrée par le schéma ci-dessous, que je me suis également permise de reproduire.


Exemple de développement durable : “le développement des énergies renouvelables” qui

“ménage les ressources naturelles (avantage écologique),
crée des emplois (avantage social),
et promet d’être rentable à long terme (avantage économique).”            (source : ibidem)

Pour ma part, je suis convaincue que le développement durable ne permet pas de lutter contre le réchauffement climatique.

car “La croissance économique s’arrête là où commence les limites physiques de la planète” (Vincent Cheney)
“Les modèles économiques modernes - libéraux et marxistes - ont éliminé la variable écologique de leur raisonnement.” (Vincent Cheney).
Il y a donc un antagonisme profond entre la survie écologique de notre planète et le développement durable. Car comment imaginer que la rentabilité économique puisse être un critère de décision pertinent dans une problématique dont elle ne sait rendre compte ?
C’est tout simplement absurde, non ?
N’est-ce pas plutôt le contraire ? N’est-il pas temps d’inventer d’autres modèles, où la rentabilité économique ne soit pas à égalité avec le social et l’écologique, mais bien plutôt leur subordonnée ?

“Avec son «développement durable», le capitalisme veut nous faire croire que son système productiviste, qui a épuisé les ressources naturelles, détruit le climat et trahi ses promesses de satisfaire les besoins élémentaires de l’humanité, serait tout à coup capable de réparer ses dégâts et de poursuivre sa mission. Puits de carbone, nucléaire propre, hydrogène à profusion, éoliennes magiques, cultures de carburants… tous les gadgets censés conjurer les catastrophes à venir y passent. C’est comme s’il nous annonçait triomphalement qu’il venait de découvrir que les métastases du productivisme pourraient le guérir du cancer qui le ronge!”